Publication des lauréats 2020 – 2021

Le 6 juillet 2021, le Comité a remis les lots aux vainqueurs du Grand Prix Littéraire du Golf, à Saint Cloud, à Golf en Ville.

Voici les nouvelles qui ont emporté l’adhésion du jury pour cette première saison :

Le Premier Prix a été décerné à Monsieur François VARAY de PLOUHA (22) pour :

« TRENTE ANS ET DEUX JOURS », une belle histoire pour un retour au golf

Présentation de l’auteur :

François Varay, 61 ans, breton, golfeur, baigné très tôt dans un univers golfique et littéraire. C’est une rupture amoureuse qui lui a fait arrêter le golf pendant trente ans et deux jours ! Autre passion : l’écriture avec un premier roman « Laura » qui a reçu le Prix Amok et un roman sur le secret de Mayerling qui sera bientôt publié.

Présentation de la nouvelle sélectionnée :

TRENTE ANS ET DEUX JOURS

Camille vérifia la date du jour et la compara avec celle du ticket qu’elle tenait entre les mains. Elle avait extirpé le papier verdâtre de son volumineux et antique sac de golf, qui agonisait depuis des lustres sous sa cheminée, caché derrière des bûches qu’elle ne voulait même pas utiliser. Le green-fee indiquait Golf du Touquet, Parcours de la Mer, et un timbre à date avait figé le temps au 21 juin 1989. Ce jour-là, elle avait quitté le club, seule. Ce jour-là, elle avait renoncé à ce sport maudit. Plus rien ne l’intéressait. Et surtout pas le golf.

Trente ans et deux jours. C’était le temps qui s’était écoulé depuis qu’elle avait pour la dernière fois ouvert la fermeture éclair de ce sac, cette poche où logeait son gant, moisi aujourd’hui, ses tees, et la Titleist 4 qu’elle jouait le jour du drame. Comment oublier, comment pardonner au destin ? 

Elle et son fiancé Alain se faisaient une joie de disputer cette compétition au Touquet. On était en juin. Les Écossais disent que le golf se joue par tous les temps, y compris par beau temps. Mais cette chaude journée de juin n’était pas une journée propice au golf. Camille terminait son parcours, abordant le 18 avec la certitude de la victoire. Elle gagnait souvent. Lui parfois. Ils s’aimaient, ils aimaient le golf. C’est au club qu’ils s’étaient rencontrés, et avaient communément admis que le golf était l’école de la vie. Des moments difficiles, des déceptions, des frustrations, mais un seul bon coup vous redonnait le sourire. Avec le golf, ils savaient tous deux qu’ils étaient armés pour tout affronter, tout réussir, que rien ne les arrêterait.

Ce jour de juin au Touquet, Camille vit le ciel s’obscurcir brutalement, le sable voler sous le coup d’un vent inattendu. Plus qu’un trou à jouer, elle souriait, elle se sentait tellement puissante que ce n’était pas un grain, même violent, qui allait la déstabiliser. Le ciel, devenu noir d’encre, en décida autrement et se zébra d’éclairs bleutés. Le tonnerre fut assourdissant. Elle fut désemparée, mais, sage, se souvint qu’on a l’obligation de s’arrêter de jouer sous l’orage, et de se protéger, en courant loin de tout arbre et en abandonnant ses clubs. D’ailleurs la voiturette du comité remontait trou après trou pour enjoindre les golfeurs de s’arrêter. Sous des trombes d’eau, elle vit encore des éclairs bleutés, longs et sauvages comme l’été. C’était puissant, c’était beau. Elle avait rejoint le club-house depuis un quart d’heure lorsqu’à travers les fenêtres, elle vit une autre lumière, intrigante, clignotante, bleutée elle aussi qui se reflétait sur les boiseries très anglaises du club-house. Puis des flashes oranges. Des cris, de la stupeur envahissaient le bar, comme si l’orage avait pénétré la salle. Les coupes qui attendaient sur une nappe blanche semblaient se moquer de l’effroi ambiant. Camille reverrait toujours sa Capitaine des Jeux venir vers elle, la prendre dans ses bras, rester un long moment en silence avant de lui dire qu’Alain avait été foudroyé.

Depuis elle avait tout essayé. D’abord de faire face, de travailler, et même une fois de tenter de rejouer. Mais le muscle le plus important pour le golfeur est le cœur, et le cœur n’y était plus. Alors elle avait essayé l’alcool, puis la dépression. Elle s’était ensuite adonnée à la psychothérapie, aux antidépresseurs, au valium. Tout y était passé, la destruction de sa vie était une chose qu’elle contemplait, sans tenter de chercher ni à la comprendre ni à l’endiguer. 

Elle avait tout essayé. Tout, sauf se remettre au golf. À la faveur d’un nettoyage de sa cheminée, elle avait retrouvé ce gros sac de golf blanc, planqué sous les bûches, maintenant grisâtre, qui avait été le compagnon de sa vie. Alors elle avait osé l’ouvrir, poche après poche. Elle avait retrouvé ses fers en acier, ses bois en persimon, son archaïque putter qu’elle n’avait jamais voulu changer. Et ce dernier ticket de green-fee dont l’encre n’avait même pas voulu pâlir.

Trente ans et deux jours. Est-ce assez pour guérir ? Peut-on recommencer là où la vie s’est arrêtée ? Et si la vengeance sur le destin lui redonnait la force de swinguer ? Et si rejouer était la meilleure façon d’honorer Alain ? Et si, à travers ce bout de papier donnant le droit de jouer, c’était lui, Alain, qui lui disait : Fais-le en mémoire de moi ! Rejoue ! Prends ton fer 7, ta balle et just swing it !

Et si elle troquait ses cachets contre quelques balles de practice ? 

Au club, on lui dit qu’on ne la retrouvait pas dans les classements. Forcément, rétorqua-t-elle, les ordinateurs n’existaient pas quand j’ai arrêté. C’était quand ? Il y a trente ans et deux jours. Vous devez passer une carte verte. Une quoi ?  Elle montra le ticket. Bon, elle pourrait jouer. Son nouvel index serait 54. Ah bon, on dit index maintenant ? Plus handicap ? Et c’est 54 ? Plus 28 pour les femmes et 24 pour les hommes ? Elle s’acharna. Semaine après semaine, elle gagna en sagesse ce qu’elle avait perdu en puissance. Bien sûr, la rotation de son corps n’était pas parfaite. Mais elle se souvenait de ce que disait toujours Alain : Le Golf est un sport de lancer. Alors, elle lança. D’abord beaucoup trop fort, puis avec plus de timing.  Le rythme, la précision, et enfin, de façon presque surprenante, le plaisir devinrent ses nouvelles armes. Le putting, les approches, tout revenait.  Elle s’inscrivit au championnat du club. La météo était épouvantable : une tempête, des rafales à 120 km/h, une pluie battante, les fairways de ce links argileux furent vite inondés. Ses partenaires voulaient abandonner. Elle leur rétorqua sèchement qu’au golf on n’abandonne jamais, sauf sous l’orage. Elle jouait mal, très mal, elle était trempée. Elle ne voyait rien, mais elle était heureuse. Elle finit dernière. La plupart avaient abandonné. Elle leva les bras au ciel. Elle avait gagné contre elle-même.

Ce fut sa plus belle victoire.

Le Deuxième Prix a été décerné à Madame Dominique ARMAND-SCHAAR de PARIS (75016) pour

« BAAAAALLE », un moment savoureux de suspens et d’humour

Présentation de l’auteure :

Dominique Schaar, née le 16 mai 1954.

Passionnée de lectures en tous genres depuis l’âge de 12 ans, puis de golf une cinquantaine d’années plus tard, j’ai découvert l’écriture de nouvelles grâce au 2ème confinement. Je joue en moyenne 3 à 4 fois par semaine, mais bizarrement mes résultats sont inversement proportionnels à mon assiduité… les arbres ayant une fâcheuse tendance à renvoyer mes balles 10 m derrière moi, quand ce ne sont pas les plans d’eau qui les attirent irrésistiblement.

Présentation de la nouvelle sélectionnée :

BAAAAALLE

– 4° C. De gros nuages gris et bas qui n’annoncent rien de bon. Un temps à rester sous la couette, sans culpabiliser, avec un thé, un bouquin, l’ordi et le téléphone. Mon activité préférée. Enfin, mon activité préférée n°2 depuis trois ans. Voilà pourquoi, en ce glacial dimanche 27 décembre, au lieu de rester au chaud à cuver les excès de l’avant-veille, je me lève tôt, enfile un pantalon imperméable fourré de polaire, que je double avec un collant de laine qui gratte et une paire de guêtres, je superpose Damart, cachemire, doudoune et coupe-vent, et, cerise sur cet improbable gâteau, je coiffe –devrais-je dire décoiffe– mon brushing de Noël d’un ridicule bonnet à pompon. Affublée de cet accoutrement qui transformerait Miss France en bibendum, je sors dans le froid et monte dans ma voiture givrée, dans la joie et dans la bonne humeur, pratiquer mon activité préférée n°1. Non je ne vais pas dévaler les pistes de Val d’Isère derrière un beau moniteur, ni pécher le saumon dans une rivière glacée de l’Idaho. Je vais juste jouer au golf. Ou plutôt, je vais me cailler pendant 4 h, glisser dans la boue, me défoncer l’épaule à cause du sac trop lourd, pourrir ma doudoune Moncler dans les ronces à la recherche de mes balles égarées, contenir non sans peine une vingtaine de jurons, envoyer au moins 4 de mes jolies balles roses dans l’eau, et promettre d’arrêter ce sport et de me mettre à la broderie après cette calamiteuse partie. Ça fait envie hein ? Haha ! Et demain, j’y retourne. Voilà ma vie. J’en redemande, et j’adore ça ! Vous vous dites que je suis maso ? Mais non en fait vous ne vous le dites pas, car vous êtes golfeurs vous aussi !

Me voilà donc au départ du trou n°1. Mes camarades de jeu habituels ayant opté pour l’activité n°2, la glande au chaud, je me lance toute seule, sous un léger crachin breton. Je vous passe les quatre premiers trous, avec leur lot de tops, air shots, sorties de bunkers râtées, puts catastrophiques, et autres sockets. J’en suis à moins 3 balles. Départ du n°6. Ce trou n’est pas mon ami. Un par 5. Une mare aux canards bordée de buissons, mes balles l’adorent, dogleg à gauche, et de grands bouleaux justes au milieu, histoire de boucher la vue et les trajectoires. Je me concentre, j’arme mon driver, et je donne tout ! Joli bruit, belle envolée, je suis la balle des yeux, contente de moi. Puis plus rien, 36 chandelles et noir complet. 

« Madame ? » « Madame ? » Qui me parle ? Qui me tapote les joues ? J’ouvre un œil. Un deuxième. Je vois deux gros trous de nez penchés sur moi. J’ai un mal de crâne monstrueux et je sens un liquide gluant et chaud couler entre mes deux yeux. Je suis glacée, au sens propre et au sens figuré. Je panique. Où suis-je, qu’est-ce qu’il m’arrive ? Enfin je distingue 4 ou 5  personnes penchées sur moi, médecins, pompiers, directeur du golf. Grosse grosse angoisse qui monte. Je croasse « Qu’est-ce que j’ai ? » « Tout va bien ma petite dame, détendez-vous. Vous avez reçu une balle en pleine tête, on vous emmène à l’hôpital. » Une balle ? On m’a tiré dessus ? Et il me demande de me détendre ? Au secours, je vais mourir. Quelqu’un me colle un masque sur le visage, je retombe dans les vapes. Je me réveille dans le camion des pompiers. Il y en a deux penchés sur moi. Deux canons. Ils me sourient. « Ça va madame ? » Oui en fait ça va beaucoup mieux. Tant qu’ils restent là, à me regarder comme ça, je suis aux anges. Ça doit être l’uniforme. Un peu comme l’effet produit par le moniteur de ski. Ou l’excès d’oxygène peut-être. 4 heures plus tard, je sors de l’hôpital avec un énorme bandage autour de la tête, aussi ridicule que mon bonnet, mais blanc et sans le pompon. Une ambulance me ramène chez moi. Ah oui au fait on ne m’a pas tiré dessus. Enfin pas avec une arme à feu. Avec une balle de golf. Rose. Je m’allonge sur le canapé du salon quand le téléphone sonne. Mon avocat. J’ai un avocat moi ? Ça doit être Cyril, le directeur du golf, qui l’a contacté. « Ne vous inquiétez pas, Madame. Nous retrouverons la personne qui vous a attaquée. Il faut porter plainte, nous demanderons des dommages et intérêts. » Je raccroche, un peu sceptique. Et j’ai un flash. Je revois ma balle, rose, fuser droit sur le bouleau du milieu… et revenir vers moi, juste avant de m’écrouler. On peut porter plainte contre un bouleau ?

Le Troisième Prix a été décerné à Monsieur Pierre CHAUDESAYGUES de BOULOGNE-BILLANCOURT (92) pour

« JE NE SUIS PAS UNE CATIN »

Présentation de l’auteur :

Directeur des chaînes Canal+ Sport à l’International, Pierre CHAUDESAYGUES  a toujours été amené dans son métier de journaliste à raconter des histoires au travers des nombreuses émissions et des différentes productions pour la télé. 

Passionné de la petite balle blanche, il a été l’un des artisans à la création de la chaîne GOLF+ (Groupe Canal+).

Présentation de la nouvelle sélectionnée :

JE NE SUIS PAS UNE CATIN

Voilà plus de quatre heures que je passais de main en main. Sans ménagement, mais avec toujours beaucoup de bienveillance. Quatre heures tantôt à me faire claquer les fesses, traiter de tous les noms d’oiseaux possibles, tantôt à me faire nettoyer, câliner, embrasser. Il soufflait le chaud et le froid en permanence et j’avoue que j’avais du mal à savoir ce qu’il voulait, vraiment, si ce n’est que je sois docile avec lui. Quelle drôle d’idée. Comme toutes mes copines, je n’avais pas été préparée à ça.

Au départ ce matin, les choses s’annonçaient pourtant sous les meilleurs auspices. Cela m’avait vraiment fait bonne impression. Une serviette toute neuve et très douce m’avait caressée de la tête aux pieds. On avait même pris le soin de me baigner dans de l’eau chaude. Puis pendant que je me laissais aller entre des doigts experts – le bain chaud ça vous détend – j’avais senti une sensation désagréable dans le dos. Une drôle d’inscription que je ne comprenais pas, mais qui semblait indispensable pour pouvoir entrer dans le panthéon des champions. Je ne suis pas très fan des tatouages. Celui de ma date de naissance me suffisait largement. Il avait été pensé et réfléchi par mes parents et avait une signification. Il validait mon appartenance au gang des ‘’top players’’ et j’en étais très fière. Franchement celui qu’on venait de me faire était loin d’être une œuvre d’art. On aurait pu me demander mon avis. À la limite si on m’avait dessiné un ‘’Modigliani’’ ou un ‘’Picasso’’ j’aurais surement accepté.

Enfin, on m’avait présenté mon maître. Une main ferme, des gestes assurés, précis, je sentais quelqu’un de rassurant sur lequel je pouvais m’appuyer. On m’avait prévenue : les relations pouvaient être parfois tumultueuses, mais j’étais très excitée à l’idée de le découvrir. Le début de notre histoire était plutôt tranquille. Il me faisait découvrir les différents lieux dans lesquels j’allais travailler. D’abord, un bac à sable où j’avais le sentiment de retomber en enfance. Puis un tapis très soyeux où je pouvais me rouler dans un sens puis dans l’autre. Tout ça ressemblait au paradis. À chaque fois qu’on changeait de lieu, j’avais droit à mon taxi personnel. Un peu sombre, mais très agréable et relativement chaud.

Puis sans prévenir, le ton avait d’un coup changé. Alors que je commençais juste à prendre la mesure de mon nouvel emploi, j’entendis qu’on appelait mon patron d’une voix grave et solennelle. Le tout encouragé par des cris et des ‘’come on’’, ’come on !’’. 

Je compris que le show allait commencer. Comme un tremblement de terre, j’eus le sentiment d’être projetée dans les airs comme une poupée de chiffon et de retomber face contre terre à des kilomètres. De vraies montagnes russes. À peine avais-je repris mes esprits que ça recommençait. Et à chaque fois, que le manège s’arrêtait, on me prodiguait de nouveaux soins. Il y avait un peu de répit avec une courte pause sur le tapis où j’avais roulé quelques heures auparavant et c’était reparti, je me retrouvais dans les airs. 

J’entendais sa voix qui semblait satisfaite, j’y décelais même un peu de suffisance. Pourtant, il aurait dû le savoir. Je suis issue d’une grande famille. Mon éducation m’avait appris à rester respectueuse en toute circonstance. Et au fil du temps, je sentais qu’on faisait de moins en moins attention à moi. Ça parlait de pentes, de distances, de green, de fairways, mais presque plus de moi. De temps en temps, j’avais droit à un bisou, mais cela se faisait de plus en plus rare. Les quolibets fusaient plus souvent à mon endroit que les compliments. Il aurait dû le savoir pourtant. C’est moi et moi seule qui pouvais décider de son bonheur ou de son malheur.

Combien de mes amies avaient détruit des carrières parce que leur patron ne les avait pas respectées. Combien avaient décidé d’aller se promener dans un bois, des hautes herbes ou même se baigner dans un lac pendant leurs heures de travail.

Nous arrivions au terme de notre collaboration. Il me restait encore un dernier manège à réussir avant d’être enfin libérée. Le tapis vert qui se présentait devant moi serait le dernier. Il était immense et très vallonné. Un terrain de jeu idéal pour monter de quoi j’étais capable. La journée avait été longue. Alors quand le gazon me caressa le dos pour la dernière fois, je me sentis pousser des ailes. Comme dans un dernier sursaut d’orgueil, je m’élançais dans ce toboggan d’incertitudes. Je savais que mon maître me suivait des yeux espérant que je fasse ce qu’il m’avait ordonné. Mais voilà, pour lui j’étais une catin. Il me l’avait si souvent répété tout au long de la journée. Je me devais donc de lui montrer vraiment qui j’étais. À mesure que l’issue se rapprochait, je sentais la bronca monter autour de moi. Ça criait hurlait des ‘’In the Hole !’’ à tout rompre. Je voyais bien que j’étais l’objet de tous les espoirs.

Devant moi se présentait le dernier virage avant de plonger une dernière fois dans l’inconnu. Je devinais à quelques tours de roue le trou noir dans lequel j’étais censé plonger. Ma décision était prise. J’allais tenter l’une des plus belles figures au monde. Les ‘’waouh, nooooon, oh my god !’’ n’auguraient rien de bon pour mon maître. Je devinais qu’il allait me traiter une dernière fois de catin. Je venais de réussir, un magnifique 360° pour me percher en suspension au bord du précipice. Ma jouissance était à son paroxysme. Je tenais ma vengeance.

Il aurait dû me respecter.